Dimanche 10 février 2019

5ème dimanche ordinaire, année C

« Laissant tout ils le suivirent » Luc 5,11

Au temps de Jésus, des jeunes qui voulaient avancer dans la vie spirituelle avaient l’habitude de quitter leur maison pour aller s’installer chez un maître. Là, ils étudiaient les Écritures et apprenaient, par la pratique, les prières et les rites. En même temps, ils assistaient leur maître dans le métier que celui-ci exerçait pour gagner sa vie.

Les deux jeunes gens qui demandent à Jésus : « Maître, où demeures-tu ? » (Jean 1, 38) pensaient probablement aller habiter chez lui pour partager sa vie et recevoir son enseignement. Plus souvent, c’est Jésus qui choisit et appelle ses disciples. Il passe sur la rive du lac, devant un bureau de péage, et il appelle tel pêcheur ou fonctionnaire à venir avec lui. L’Évangile nous dit qu’à son appel, « ils laissèrent tout et le suivirent » .

A la différence d’autres maîtres de l’époque, Jésus n’avait pas de demeure fixe.

Il était souvent en route. Depuis qu’il avait quitté Nazareth, il n’avait plus de revenu assuré par un travail régulier. Le suivre, partager sa vie pour recevoir son enseignement, supposait alors une situation semblable. Jésus avertit ceux qui y réfléchissent : « Quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple » (Luc 14, 33). On aimerait connaître la circonstance précise où Jésus a prononcé cette parole.

Répondait-il à une question ? Une parole de Pierre confirme que certains ont pris ces mots à la lettre : « Laissant nos biens, nous t’avons suivi » (Luc 18, 28).

Mais voilà que, quelques versets plus loin, le même Évangile selon Saint Luc parle d’une visite de Jésus chez Zachée, « qui était riche ».

Accueillant joyeusement Jésus dans sa maison, cet homme renonce à la moitié de ses biens et s’engage à indemniser les victimes de ses fraudes. Jésus lui dit : « Aujourd’hui le salut est arrivé à cette maison » (Luc 19, 9). Rien ne laisse penser qu’il aurait alors quitté les siens. Le salut que le Christ apporte est pour tous, non pas seulement pour ceux qui le suivent sur les routes de Galilée. Il y a ses amis de Judée, Marthe, Marie et Lazare chez qui il aimait loger (voir Jean 11). Et les Actes des Apôtres mentionnent avec bienveillance des chrétiens de milieux aisés : par exemple Lydie, une commerçante qui, dans sa maison, logeait les apôtres et accueillait les réunions de la communauté chrétienne du lieu (voir Actes 16, 14-15.40) ; ou Aquilas et Priscille, un couple d’entrepreneurs qui hébergeaient l’apôtre Paul et lui offraient du travail pour qu’il puisse gagner sa vie selon son habitude (voir Actes 18, 1-4).

Le Nouveau Testament dessine un tableau très varié de la vie chrétienne. Suivre le Christ n’est pas obéir à un commandement. Aucune loi n’oblige à imiter sa manière de vivre. Si celui qui lui fait confiance sera forcément amené à rompre avec la façon de voir et d’agir du monde environnant, cette nécessaire « conversion du cœur » (voir Marc 1, 15) prend une forme différente selon la situation de chacun. C’est dans une entière liberté et par amour, en réponse à un appel personnel, que quelqu’un osera consentir à la pauvreté et à l’entière disponibilité de Jésus.

  Bonne semaine. Père Marc

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