Dimanche 6 septembre 2020

23ème dimanche du temps ordinaire, année A

« La correction fraternelle »

A la question toujours d’actualité que posait Caïn au Seigneur : « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4,9), la Parole de Dieu est clairement « oui ! »

Ainsi le Seigneur demanda au prophète Ezéchiel, déporté à Babylone, d’être « un guetteur » pour Son Peuple dispersé. (Première lecture) Sa mission impérative est « d’avertir le méchant » pour qu’il abandonne sa conduite mauvaise.

Quant à Saint Paul, dans sa lettre aux Romains, il indique aux Juifs de Rome devenus chrétiens que la Loi (les 10 Commandements) se résument dans cette Parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Deuxième lecture)
Les interdictions citées par l’Apôtre : pas d’adultère, de meurtre, de vol, ni de convoitise, constituent un programme de base intéressant pour les relations sociales. Il peut paraître minimaliste, mais s’il était respecté par tous aujourd’hui, la vie du monde serait véritablement transformée !
Cependant l’Apôtre ne s’arrête pas là, il ajoute : « l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’Amour » A t-on jamais fini d’aimer ? Car « Dieu est Amour » (1Jn 4,8), Il nous a créés non seulement pour nous rendre participants à Son Amour mais également pour que nous aimions comme Il nous aime, c’est-à-dire sans mesure !

Dans notre Évangile qui concerne la vie en communauté c’est-à-dire l’Eglise, après avoir choisi l’Apôtre Pierre comme fondement de Son Eglise, Jésus invite Ses disciples à « la correction fraternelle » avec un frère qui a commis un péché.
La nouvelle Traduction liturgique parle d’un frère qui a péché « contre toi », bien que le contexte suggère plutôt un comportement qui a blessé gravement l’ensemble de la communauté. On veut sans doute souligner concrètement que lorsqu’un seul de ses membres faute toute l’Eglise est concernée. La correction fraternelle ne relève donc pas seulement de l’assistance à personne en danger mais de l’assistance à communauté en danger.
Les textes sont dérangeants car ils nous obligent à regarder notre prochain différemment. En effet, ne sommes-nous pas tentés de dire lorsque quelqu’un agit mal que « ce n’est pas notre affaire » ? Ce qui ne nous empêche pas d’ailleurs de dire du mal de lui dans son dos ! Car nous sommes dans une culture du laisser-faire et de l’individualisme.
Aussi Jésus nous donne-t-Il des indications qui sont également utiles dans nos relations humaines quotidiennes. Tout d’abord, Il conseille d’aller parler à ce frère « seul à seul ». On ressent beaucoup de délicatesse et de discrétion dans ce conseil. Car il ne s’agit pas d’humilier ni de faire la morale, mais de faire prendre conscience de sa faute au pécheur.
Ensuite, à la suite du Livre du Deutéronome (Dt 19,15), Jésus recommande de prendre un ou deux témoins si le frère ne l’écoute pas. On voit déjà le début d’une démarche communautaire et là encore, il ne s’agit pas de condamner, mais d’essayer de réveiller la conscience du pécheur sur les conséquences de ses actes.
En tout dernier lieu, il faut faire appel à la communauté de l’Eglise. Si le pécheur refuse d’écouter, c’est lui-même qui se met à part et qui décide de vivre comme « un païen et un publicain », une formule juive stéréotypée qui signifie qu’il est remis à la miséricorde de Dieu.
La parabole de « la brebis perdue » qui précède notre Évangile, nous révèle la raison profonde de cet agir : « Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun de ces petits ne se perdre ». Jésus n’exclut personne ! Il faut tout faire pour garder dans la communauté un frère qui risque de s’égarer. Il faut le faire par amour, au Nom de Jésus, et à l’aide de la prière, car Il nous l’affirme : « Quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là, au milieu d’eux ».
Mais pour que la Présence du Christ soit réelle, il ne s’agit pas simplement de juxtaposer deux ou trois disciples de Jésus. L’Eglise n’est pas un simple conglomérat d’individus ni une association ayant le même intérêt. Elle est un corps, une communion, une famille. C’est pourquoi Jésus dit d’abord : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». Nous ne pouvons donc pas être simplement les uns à côté des autres, chacun apportant sa petite prière, sa petite attente, sa petite demande, sans se préoccuper de ce que sont l’attente, la demande et la prière des autres. Mais s’il existe une communion étroite entre les membres de la communauté, ils se « mettront d’accord » et leur prière sera plus efficace car elle correspondra au désir de notre Père céleste de voir tous ses enfants s’aimer. D’autant que le pouvoir de « lier et délier » que Jésus avait donné personnellement à Pierre (Mt 16,19) est ici étendu aux responsables de la communauté. L’Eglise a souvent interprété ces Paroles comme le fondement du sacrement du pardon et de réconciliation.
Ainsi, l’Eglise est une communauté où chacun est responsable de la vie de foi de ses frères car « notre amour pour Jésus et pour les hommes nous pousse à parler à autrui de notre foi ». (CEC n°166) Mais osons-nous vraiment parler de notre foi avec ceux que nous côtoyons ?

« Aujourd’hui écouterez-vous Sa Parole ? « , avons-nous chanté avec le psaume. C’est bien ce que nous faisons au cours de l’Eucharistie, avant de communier au Corps du Christ, Présent au milieu de nous qui sommes réunis en son Nom. Seule Sa Présence divine assure l’unité des croyants et rend possible la correction, le pardon et la réconciliation entre frères. En ce Dimanche de rentrée, demandons-nous ce que nous voulons faire pour que notre communauté soit davantage fraternelle et témoigne de la Présence de Dieu au monde ? Amen.

Père Patrice

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