Dimanche 8 novembre 2020

32ème dimanche du temps ordinaire, année A

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »

Nous approchons de la fin de l’année liturgique. La Parole de Dieu de ce Dimanche évoque la fin des temps lorsque le Christ reviendra dans la gloire et dans l’attente de ce Jour, Jésus nous invite à veiller : « Vous ne savez ni le jour ni l’heure ».
Notre résurrection est au cœur de notre foi chrétienne et se fonde sur la Parole du Christ : « Je suis la résurrection et la vie celui qui croit en Moi, même s’il meurt, vivra ». (Jn 11,27) Aussi Saint Paul professe t-il sa foi aux Chrétiens de Thessalonique : « Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité… Ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous les vivants… nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur ». (Deuxième lecture)
L’apôtre conclut par une belle exhortation finale : « Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire ».
Le Royaume des « Cieux » est comparable à un festin de noces. Dans l’Ancien Testament, les prophètes représentent souvent Dieu comme l’Epoux fidèle à Son peuple élu, Israël. (Os 1-3) Le Nouveau Testament reste fidèle à cette tradition puisque le Christ est l’Epoux de l’Eglise pour « une Alliance nouvelle et éternelle ».
Selon les coutumes d’Israël, lors des noces, la nuit, un cortège va à l’encontre de l’époux qui se rend solennellement chez sa fiancée pour la conduire dans sa propre maison où doivent avoir lieu le repas des noces et la bénédiction par le Rabbin.
Dans la parabole de notre Evangile sur les dix jeunes filles invitées à des noces, cinq sont dites « prévoyantes » car elles ont emporté des flacons d’huile pour leurs lampes, à l’instar de l’homme qui a construit sa maison sur le roc. (Mt 7,14) Ils agissent avec la Sagesse personnifiée qu’évoque le Livre de la Sagesse : « Resplendissante… Elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent…et avec un visage souriant, dans chacune de leurs pensées elle vient à leur rencontre ». (Première lecture) Tous ces traits de la Sagesse s’appliquent à Jésus « Verbe » incarné (Jn 1,14) et « Sagesse de Dieu ». (Col 1,15)
Les cinq autres jeunes filles sont dites « insouciantes », mot qui désigne dans la Bible l’impie qui est assez fou pour dire dans son cœur : « Pas de Dieu ». (Ps 13,1) De même, pour Matthieu, seul Evangéliste à utiliser ce terme qui met en exergue moins l’insouciance que l’attitude spirituelle :
l’homme qui a bâti sa maison sur le sable est insouciant, car il écoute sans mettre en pratique : « Il ne suffit pas de me dire ‘Seigneur, Seigneur !’ pour entrer dans le Royaume des Cieux ; mais il faut faire la volonté de Mon Père qui est aux Cieux ». (Mt 7,21)
Le mot est si fort que celui qui traite son frère d’insensé est passible de la géhenne de feu. (Mt 5,22) Aussi, ces cinq jeunes filles insouciantes symbolisent tous ceux qui vivent sans tenir compte du Projet de Dieu pour l’homme et de Sa Venue ultime. De fait, le retour de l’Epoux va révéler le tragique de leur insouciance. Le chiffre dix symbolise ce qui est complet comme les dix doigts ou les dix commandements. (Ex 20,1-17)
Jésus nous invite souvent à veiller, mais par cette parabole Il veut nous faire comprendre que veiller ne signifie pas seulement résister au sommeil – d’autant que toutes les jeunes filles se sont endormies – mais ne pas attendre le dernier moment pour accueillir l’époux !
Il s’agit d’une parabole et non d’une allégorie, c’est-à-dire que seule la leçon finale compte. Mais pour le Pape François « la lumière de la lampe est le symbole de la foi qui éclaire notre vie, alors que l’huile est le symbole de la charité qui nourrit, rend féconde et crédible la lumière de la foi ».
Saint Paul précise que « ce qui importe, c’est la foi agissant par la charité ». (Ga 5,6) Ainsi pour être prêts à la rencontre du Seigneur, la foi ne suffit pas, il faut aussi une vie chrétienne riche en amour. Si les jeunes filles prévoyantes refusent de partager leur huile, ce n’est pas par égoïsme, mais par réalisme car en partageant l’huile toutes les lampes risquaient de s’éteindre ! L’huile est le symbole de notre amour pour Dieu, indissociable de notre amour pour notre prochain (Mt 22,34-40) que chacun doit vivre personnellement. La fidélité ne se délègue pas, la vigilance ne se sous-traite pas !
Le Pape François ajoute que : « Si nous sommes vigilants et que nous cherchons à faire le bien à travers des gestes d’amour, de partage, de service du prochain en difficulté, le Seigneur pourra venir à n’importe quel moment. Même le sommeil de la mort ne nous effraiera pas parce que nous aurons une réserve d’huile accumulée par les bonnes œuvres de chaque jour. La foi inspire la charité et la charité conserve
la foi ».
« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». Veiller, c’est vivre de l’Esprit Saint qui nous est donné pour aimer comme Dieu nous aime. La vie éternelle se vit donc dès ici-bas, sinon comment pourrait-elle se déployer au-delà ? Comme l’écrit Saint Jean : « La vie éternelle, c’est de Te connaître, Toi, le seul Dieu, le vrai Dieu et de connaître Celui que Tu as envoyé, Jésus Christ ».(Jn 17,3)
Jésus ne nous demande pas de nous préparer à mourir mais de vivre, par notre baptême en « enfant de lumière ». Sinon c’est à nous que le Père dira : « Je ne vous connais pas ». Amen.
Père Patrice Pellen

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