Dimanche 8 mars 2020

Dimanche, 2ème dimanche du Carême, année A

La Transfiguration du Christ

L’expérience de la splendeur du Seigneur

Nous devons nous rappeler la beauté de Dieu et sa présence vivifiante. Comme une provocation, la liturgie place la Transfiguration au début du Carême pour nous indiquer le but à atteindre.

Etes-vous déjà allé sur le mont Thabor dans votre vie de foi? Furtivement, disait le grand saint Augustin.

Voici quelques exemples : une expérience de prière qui nous a bouleversé, une Messe bien préparée au cours de laquelle nous avons été touché, un jour de neige qui a transformé la nature sous nos yeux, un décor magnifique qui est devenu une symphonie, un pèlerinage en Terre Sainte au cours duquel nous avons fait l’expérience de la présence de Jésus. Tous ces événements nous font sentir l’immensité et la transcendance du Créateur, qui est le même Dieu d’amour vivant en nous-mêmes. Parfois, le sentiment se fait si fort que nous en sommes submergés.

Telle fut la crainte de Pierre et de ses compagnons devant la pêche miraculeuse et devant la transfiguration ; telle fut la terreur vécue par Abraham au moment de rencontrer son Dieu. Le sentiment de la beauté de Dieu, la perception de sa majesté, nous motive et nous fait aller de l’avant. Pierre avoue: « Il est heureux que nous soyons ici. »

Si la beauté qui nous entoure et nous remplit ne suscite pas notre foi, il manquera quelque chose à notre vie chrétienne.

Un prêtre a écrit : « Mes amis, savez-vous pourquoi je suis prêtre? Parce que je n’ai rien trouvé de plus beau que le Christ. »

Nous devons redécouvrir cet aspect de notre vie chrétienne, l’expérience de la beauté de Dieu. Nous avons urgemment besoin de la beauté. Notre silence, nos chants, nos prières, la décoration du lieu où nous prions devraient apporter une touche de beauté dans notre vie quotidienne.

Faisons sortir tout le bien qui vit en nous. Le bon Dieu fera de nous des chefs-d’œuvre de splendeur et de beauté si nous le laissons travailler librement.

La transfiguration du Christ, notre avenir

Saint Paul, dans la deuxième lecture, dit : « Le Seigneur Jésus-Christ transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux. » Le Thabor est une fenêtre ouverte sur notre avenir. Elle nous assure que l’opacité de notre corps se transformera un jour en lumière. Le Thabor est aussi un projecteur sur notre présent. Il met en évidence ce que notre corps est déjà, derrière sa pauvre apparence : le temple de l’Esprit Saint.

Le corps humain, pour la Bible, n’est pas une chose insignifiante et secondaire. C’est un élément important. L’auteur biblique est émerveillé par la splendeur du corps humain : « C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis : étonnantes sont tes œuvres toute mon âme le sait. » (Ps 139(138), 13-14). Le corps est destiné à partager la même gloire que l’âme.

Mais que dire à ceux qui souffrent ? A ceux qui assistent à la « défiguration » de leur propre corps ou de celui d’un être aimé ? Pour eux, le message le plus consolant est celui de la Transfiguration. « Car il transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » (Ph 3, 21). Les corps humiliés par la maladie et la mort seront rachetés.

Très bientôt, Jésus sera « défiguré » à travers sa Passion, mais il ressuscitera avec un corps glorieux dans lequel il vit pour toujours. Avec lui, nous dit la foi, nous serons réunis après la mort.

La beauté et la prière

« Jésus alla sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante. »

Qu’est-ce que la prière?

Avec toutes les choses que nous avons à faire, tous les problèmes pratiques que nous avons à régler, les dates limites et les urgences, la prière semble être une perte de temps. Mieux vaut une heure de travail supplémentaire pour rembourser les emprunts ou payer le cours de musique de notre fils. De nos jours, il n’y a jamais assez d’argent. Mieux vaut une heure de gym pour récupérer un peu de notre santé détériorée par un mode de vie sédentaire et une mauvaise alimentation. Mieux vaut une heure consacrée à lire un bon livre ou à surfer sur Internet pour accroître nos connaissances et élargir nos horizons. Mieux vaut une heure passée dans les grandes surfaces qui offrent des produits en promotion. Sinon, comment joindre les deux bouts ? Et sans aucun doute, mieux vaut passer une heure à aider quelqu’un dans le besoin, un vieil homme de la paroisse…

Mais une heure ou une demi-heure de prière cette semaine, non! Je n’en ai ni le  besoin et ni les moyens…

A quoi sert la prière?

L’autre jour est venu à mon bureau un ami que je n’avais pas vu depuis bien longtemps. Il a frappé à ma porte, à l’improviste, parce qu’il passait par là…. J’ai réalisé que nous avions passé au moins une heure ensemble, à boire du café, à rappeler les souvenirs du passé, à parler et rire.

Apparemment, cette visite n’a pas fait avancer les choses… ou plutôt, n’a pas fait avancer les choses que j’avais prévu de faire. J’ai perdu un temps précieux, mais finalement mon visage et le sien étaient heureux et lumineux après cette rencontre.

Peut-être est-ce cela, le sens de la prière.

Sans la prière, mon cœur dépérit…

Alors quel avantage y a-t-il à faire beaucoup de choses et à tout obtenir, si mon cœur dépérit?

Luc est l’évangéliste qui insiste le plus sur la prière de Jésus, et nous fait part du lien entre sa prière et sa Transfiguration. C’est à travers sa prière que l’aspect de son visage change. C’est dans la prière que le ciel s’ouvre (le baptême de Jésus dans le Jourdain)… Nous découvrons également Jésus en prière avant le choix des douze et à l’approche de sa Passion.

C’est par la prière que nous pouvons parler à Dieu. Nous avons besoin de le remercier pour sa bonté continuelle et les nombreuses bénédictions qu’Il nous accorde chaque jour. Nous avons besoin de lui demander pardon pour nos défaillances et nos manques d’amour. Nous avons besoin de lui faire part des besoins de notre communauté et des nôtres. Nous avons besoin de l’écouter en lisant la Sainte Écriture. Nous avons besoin de lui offrir notre vie et nos bonnes actions. Comment pouvons-nous parler avec lui et comment peut-il nous parler et nous remplir de joie et de confiance, si nous ne perdons pas un peu de notre précieux temps en
prière ?

 Père Marc

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