Dimanche 21 juin 2020

12ème dimanche du temps ordinaire, année A

« Ne craignez pas »…

Dimanche dernier, devant les foules fatiguées, abattues, Jésus appelait douze compagnons qu’il avait choisis. Il les charge de la mission de guérir, de soulager, d’apporter la paix. Il leur dit ensuite comment se comporter par rapport à ceux qui les accueilleront ou ceux qui les rejetteront. Il s’attarde aujourd’hui sur les persécutions qui les attendent, semblables à celles de Jérémie et à celles dont il sera lui-même l’objet.

Deux aspects sont soulignés dans l’Évangile de ce dimanche.

« Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ;
tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.
Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ;
ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.
Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux »

Voici des charges que Jésus confie  à ses disciples aujourd’hui !

Nous venons d’une longue époque où la foi catholique dans nos pays s’affichait au grand jour, était très prégnante.

Mais parler au grand jour et proclamer sur les toits c’était surtout l’affaire de la hiérarchie. C’est à elle qu’on pensait quand on parlait de l’Église.

Les baptisés ne se sentaient guère engagés à témoigner personnellement de l’Évangile et de leur foi. L’apostolat des laïcs est une préoccupation qui date surtout du 20ème siècle, au moment des grands décrochages et séparations entre l’Eglise et la société, entre la foi et l’athéisme ou l’indifférence religieuse.

Face aux changements de la situation de l’Église, dans le prolongement du concile Vatican II, la Lettre des évêques aux catholiques de France en 1996 les invitait à proposer la foi de manière plus explicite, et à ne pas la vivre seulement dans l’ombre, la confidentialité, mais au grand jour. Ce qui supposait et suppose encore de leur part des conversions de mentalité et de comportement. On peut en suggérer quelques-unes :

Une capacité personnelle de rendre compte de sa foi, d’en comprendre le sens, d’en parler et de dire qui est le Dieu en qui l’on croit… Cela est vrai pour tous et surtout pour ceux et celles qui reçoivent dans l’Eglise des missions importantes.

Un comportement cohérent avec la foi que l’on exprime et comment on la vit.

Evangéliser ce n’est pas seulement crier sur les toits ou dans les rues, c’est aussi et surtout vivre de manière évangélique. Les premiers chrétiens rendaient témoignage au milieu du monde, non seulement par leurs prises de parole, mais aussi par leurs pratiques sociales de partage et de respect de tous.

Une proposition de la foi suppose le dialogue et non une obligation de croire ou de faire croire.

La foi ne se décrète pas, ne s’impose pas, elle se reçoit. Soyez prêts à rendre compte avec douceur et respect de votre espérance, écrivait saint Pierre 1P3,15. Le verbe croire n’aime ni les impératifs ni les tons autoritaires. On n’annonce pas une bonne nouvelle comme on prononcerait un diktat, comme on proférerait des menaces, ou comme on recruterait par la force ou la séduction.

Une victoire sur la honte.

N’ayez pas honte de porter le nom de chrétiens, écrivait saint Pierre. Face à une certaine arrogance de l’Eglise catholique dans ses manières de s’exprimer, de condamner, de régenter, a pu s’installer chez certains de ses membres un complexe, une honte, vis-à-vis de leur entourage, face à un rejet dans certains milieux de la société, où se dire « catho » est ringard et tout le contraire d’un titre de gloire ! Un complexe qui s’atténue heureusement mais ne disparaît pas. Jamais d’ailleurs, ne disparaîtra l’hostilité de ceux qu’agace une Église fidèle à l’Évangile.

Une victoire sur la peur.

Ne craignez pas pour votre corps mais craignez de perdre votre âme, votre liberté intérieure, l’estime de vous-mêmes. Jésus insiste aujourd’hui sur cet aspect de la mission de l’Église quand elle affronte rejet et persécution.

Bonne semaine

Père Marc

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